Cendron et son histoire

L'histoire du Cendron passe obligatoirement par celle du village de Forge-Philippe.
D'une bulle pontificale donnée par Lucius III en 1193, il ressort que les biens de l'abbaye Sainte-Monégonde, fondée en 887 à Salles et transférée à Chimay dans le courant du Xe siècle, s'étendaient jusqu'au ruisseau nommé la Wartoise. Ce ruisseau est la frontière naturelle entre la France et la Belgique. Le territoire de Forge-Philippe fit donc partie du domaine primitif de cet abbaye avant de tomber, au XIe siècle probablement, dans le patrimoine des seigneurs de Chimay. Sous le rapport spirituel, Forge-Philippe dépendit de Seloignes jusqu'au Concordat qui l'érigea en paroisse distincte en 1803 (1802, selon d'autres sources). La première chapelle du village a été construite en 1786 à la demande du Prince Philippe II d'Alsace pour servir de chapelle de chasse et fut bénie le 3 décembre 1787 par Barthélemy Charpentier, curé de Seloignes. Si l'on devait croire certains auteurs, l'origine du nom de la commune remonterait au règne de Charles-Quint. C'est en l'an 1549 que cet empereur aurait traversé la Thiérache accompagné de son fils Philippe et le toponyme de Forge-Philippe serait un souvenir de cette impériale visite. Il s'agit, très vraisemblablement, d'une légende recueillie au XVIIIe siècle par le chroniqueur chimacien E.J. Le Tellier. Le nom de Philippe est patronymique et c'est celui des propriétaires d'une forge assez ancienne, aisément identifiable, et citée à partir du XVIe siècle. Cette forge, qui eut encore une activité intermittente dans les premières années du régime français, dut s'éteindre sous l'Empire. Elle ne figure plus dans les recensements industriels de 1811. Avant 1853, le territoire de Forge-Philippe était presque totalement recouvert par la forêt de Thiérache et appartenait aux Princes de Chimay. Le déboisement de la future commune débuta après l'achat des forêts par la "Société Liégeoise" le 7 décembre 1853. Le bois fut utilisé pour les mines de charbon, la construction des chemins de fer et la production de charbon de bois. En 10 ans, 2531 ha de forêt furent mises à blanc et 8 fermes céréalières de type "brabançon" (en carré) furent construites. Leur gérance fut attribuée à des personnes venues de Flandre. De là viennent, entre autres, les familles Degrande, D'Hulster, De Schrijver, Minjauw, Sobry, Van Daele... Les terres libérées n'étant pas de qualité céréalière, une S.A. Herbagère de l'Oise fut créée en 1895 et une laiterie fut installée à la ferme du Walrand. Elle pouvait traiter 5000 litres de lait par jour et 35 tonnes de beurre par an. En 1906, la société, renommée en 1900 S.A. Lamarcheville, liquide ses biens et revend ses terres et fermes à des éleveurs particuliers.

Ci-contre une carte d'état-major datée de 1879. Des forêts y apparaissent encore. Aujourd'hui, quelques forêts survivent aux frontières de la commune.
La commune de Forge-Philippe a été créée par arrêté royal du 10 août 1903. Son territoire fut formé par le hameau de ce nom, qui jusqu'alors, avait dépendu de Seloignes et par une partie du territoire de Chimay, situé au sud de l'Oise, et connue sous le nom de "Vieux Gauchy". Le 6 février 1923, la famille princière de Chimay (le prince Alphonse) fait donation de l'église et de son cimetière à la Fabrique d'église.

    • septembre 1923 : début des cours de solfège pour la création d'une fanfare.
    • 1924 : début des cours d'instrumentation
    • 25 mars 1925, c'est la première sortie de la fanfare "La Liberté", composée de 12 musiciens sous la direction de Paul Dieu.
    • 6 mars 1938 : première interprétation de la « Marche de Forge-Philippe » (texte et musique de Arthur Fouarge et Paul Dieu) : Marche dédiée à la Population de Forge-Philippe et en hommage affectueux à Monsieur Adolphe Masuy, Bourgmestre et Président de la Fanfare « La Liberté » à Forge-Philippe et aux dévoués musiciens . Deux arrangements différents existent en plus de la version originale.
    • 23 août 1939 : fin provisoire des activités de la fanfare car beaucoup de membres sont sous les drapeaux.
    • 22 mai 1940 : choix du site de Brûly-de-Pesches, au milieu de 12.000 ha de forêts pour établir le QG d'Hitler.
    • du 25 au 28 mai 1940 : évacuation totale de 28 communes, dont Forge-Philippe, pour plus d'un mois.
    • 28 mai 1940 : arrivée massive des Allemands, construction d'un bunker à deux entrées (qui ne servira pas) et de trois pavillons en bois.
    • 6 juin 1940 : Hitler est là : son QG « Terre » se trouve à Forges et son QG « Air » à Yvoir.
    • 29 juin 1940 à 6.00 du matin : les habitants sont autorisés à revenir chez eux. Hitler suit l'avancée de ses troupes en France.
    • 1944 : c'est la libération! Pendant la guerre, la grosse caisse de la fanfare a été confisquée par les Allemands !
    • août 1945 : accueil des prisonniers rentrés de captivité par la fanfare qui a repris ses activités.
    • 1946 : les anciens prisonniers de la localité achètent une nouvelle grosse caisse et s'associent aux anciens combattants pour offrir le drapeau de la fanfare.
    • En 1967, le village est primé lors d'un concours. Une plaque se trouve sur l'ancienne maison communale, devenue école lors de la fusion des communes. L'ancienne école communale est détruite et est remplacée par un terrain de tennis (communal) et une petite plaine de jeux.

Cendron en 1975

  • En 1976, la commune passe sous la tutelle de Momignies.
  • Le 24 septembre 2000, la fanfare fête ses 75 ans et compte encore quelques 30 membres. Elle reçoit un nouveau drapeau offert par la commune de Momignies.
  • Le 1 septembre 2002, l'école communale maternelle et primaire ferme ses portes, obligeant les enfants à se diriger vers les écoles situées dans d'autres communes. L'école était en sursis depuis l'an 2000, (nombre d'élèves insuffisant) et était maintenue en vie grâce à des dérogations.
  • Mai 2009, le site www.cendron.be est créé et revu en 2014.

La Libération

C'est à Forge-Philippe, au lieu-dit "Cendron", que les troupes américaines firent leur entrée en Belgique le 2 septembre 1944 à 9 h 30 et commencèrent la libération du pays. Le samedi 2 septembre 1944, à 9 h 30, Espérance Gobron, un Français venu s'établir en Belgique comme tenancier de l'estaminet (rebaptisé depuis "café de la libération"), fut le premier à accueillir les libérateurs. Il a d'ailleurs livré son histoire, comme beaucoup d'autres témoins, à un écrivain local amoureux du passé de sa région, instituteur en chef de l'école communale de Forge-Philippe, Monsieur André Nicolas. C'est ainsi que l'on apprend notamment que les derniers Allemands ont encore fait irruption dans le hameau de Cendron le 1er septembre, la veille de la libération. Les troupes en retraite, prenant possession des maisons, ont obligé les habitants à quitter leur domicile. Ils ne pouvaient y revenir que le lendemain à 9 heures. Le samedi 2, dès 7 heures, la famille Gobron rentrait au bercail et commençait à remettre la maison en ordre. Grâce à la résistance, les villageois savaient qu'à 16 km de là, à Aubenton, les Allemands s'étaient battus contre des soldats américains.
Depuis 1973, un monument rappelle cet évènement et une fête du souvenir en célèbre l'anniversaire chaque année.
Et puis, il y a eu La Grande Doly, comme on l'appelait à Cendron...Hermance Tilquin, alias Doly, tenait un café aussi, mais du côté français de la frontière. Le 2 septembre à 8 heures, les soldats alliés débarquaient chez elle, mitraillette au poing. Ils voulaient savoir si le village de l'autre côté du bois (Cendron), était encore occupé par les Allemands. Doly n'en savait rien. Mais voyant qu'aucun soldat ne se décidait à y aller voir, elle se porta volontaire pour une mission d'éclaireur. Hermance Tilquin a pris son bâton et emmené son chien pour traverser le bois peu sécurisant en cette période de troubles. Arrivée à Cendron, elle a constaté que les Allemands avaient déguerpi, et elle a annoncé l'arrivée des libérateurs aux Belges qui n'en croyaient pas leurs oreilles.
Les troupes pouvaient avancer et les Jeeps ont déboulé sur Cendron où les habitants ont offert des fleurs aux libérateurs.

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